Quelle place est-elle possible, aujourd’hui pour les hommes dans notre société ?

Publié le 28 novembre 2019
Article écrit par Matthieu Le Tousse

Article écrit par Matthieu Le Tousse

Thérapeute spécialisé dans l'analyse des rêves, j'aide ceux qui le souhaitent, à retrouver l'estime d'eux-même, sortir de la dépression, ou encore vaincre une phobie ou des angoisses.

A l’heure où la parole des femmes se libère, et c’est bien légitime, à propos des violences et des agressions sexuelles qu’elles subissent, l’image des hommes en a pris un sacré coup sur la tête. Chaque jour, de nouveaux cas de féminicides et de viols sont à déplorer. Les hommes seraient-ils devenus des monstres, incapables de réfreiner leurs pulsions et ne sachant pas aimer correctement les femmes ?

Les violences faites aux femmes ne sont pas un phénomène nouveau. L’histoire grouille de méfaits de ce genre. Ce qui est nouveau, c’est la capacité des femmes à libérer la parole, à oser briser le tabou, le silence, l’omerta qui entoure ces sujets. Des mouvements s’organisent. Les mouvement féministes montent au créneau pour défendre la cause de femme et on ne saurait les en blâmer. Pourtant, je lis régulièrement sur les réseaux sociaux des posts de femmes qui souhaiteraint « qu’on leur coupe les c…lles ». Et à mon avis c’est là le coeur du problème.

N’est-ce pas, à ce propos, une véritable castration que d’avoir subi un viol ? Toutes les victimes, qu’elles soient femmes ou hommes vous le diront. On leur a hôté ce qu’elles avaient de plus précieux, à savoir leur dignité d’être humain. Ce sentiment de castration est tellement fort lorsqu’il n’est pas digéré, que les victimes peuvent à leur tour devenir castratrices. Il peut se développer dans bien des cas un sentiment de haine profond envers le sexe de l’agresseur, la pluspart du temps d’ailleurs, des hommes.

Que veut dire le mot castration ?

Il fait avant tout référence aux travaux de Sigmund Freud et du complexe qu’il a souligné, à savoir que dans le développement de l’enfant, les petits garçons développent (inconsciement) l’angoisse de perdre leur pénis, alors que les petites filles ont le sentiment (toujours inconsient) de l’avoir perdu. Ces angoisses empêchent de se réaliser correctement en tant qu’homme ou femme. Chez les hommes, cette angoisse peut donner lieu à deux types de comportements, à savoir une « sur-masculinité », ou au contraire, un déficit de masculinité. C’est normalement, la place des parents, de la société, d’aider les enfants, puis les ados devenant des jeunes hommes à trouver leurs repères du modèle masculin. Notre société, et surtout les féministes, à travers leurs propos haineux et généralisés à l’encontre des hommes, remettent en questions la fonction génitrice de l’homme, et leurs retirent leur modèle même du masculin. 

Qu’est-ce que le modèle du masculin, aujourd’hui ?

Ce modèle a beaucoup évolué ces trentes dernières années. Les hommes mettent enfin la main à la pâte et s’occupent d’avantage de la vie domestique. Les femmes ont ainsi pu commencer à s’émanciper et vouloir devenir l’égal de l’homme. Mais égales en quoi ? Et c’est toute la question, à mon avis. A force de vouloir gommer les différences, on ne sait plus qui est qui. Je ne parle pas de l’organisation de la société et du monde du travail. Non, je parle de ce qu’être un homme ou une femme aujourd’hui. Carl Gustav Jung parle quant à lui des deux énergies qui nous composent, à savoir l’Anima et l’Animus. L’Anima est par essence même, féminine, force de vie. Elle apporte la créativité, la sensibilité, les émotions. L’Animus représente, lui, une énergie masculine, structurante, basée sur la réflexion, la logique, la rationalité.

Tout est histoire d’équilibre, et il est vrai qu’aujourd’hui, la balance penche plutôt du côté des femmes qui revendiquent cette énergie Animus en elles, car elles ont sans doute l’impression que les hommes auraient une sorte de pouvoir. 

En fait, je pense que la masculinité des hommes passe pour une large part, par le regard des femmes. Ce sont bien les femmes qui détiennent ce pouvoir magnifique et fondamental de donner la vie. Les femmes, en devenant mères possèdent cet amour potentiel infini, qu’elles donnent, quand tout se passe bien, de façon inconditionnelle à leur enfant. Seulement, cet amour, elles peuvent tout aussi bien (il s’agit le plus souvent de processus inconscients) le reprendre. C’est à partir de ce moment que se développera l’angoisse de castration chez le garçon. Comment ce jeune homme en devenir, pourra-t-il alors, aimer correctement à son tour ? Il faut à tout pris aider les adolescents à devenir des hommes. D’autres sociétés ont développé des coutumes, des rites pour célébrer le passage de l’enfant à l’homme. Nous avons perdu cette notion de passage. C’est peut-être pour ça que certains hommes restent dans la toute puissance, figé au « stade anal », tel que le décrit Freud. 

Un jeune garçon aimé par les femmes qui l’entourent, et surtout par sa mère, aimera lui aussi à son tour. Un jeune homme « initié » par une autre figure masculine/paternelle bienveillante trouvera lui aussi le chemin de la virilité équilibrée et épanouie.

 

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