Le deuil, comment faire pour avancer ?

Deuil et Rêve Eveillé Libre
Publié le 31 août 2020
Article écrit par Matthieu Le Tousse

Article écrit par Matthieu Le Tousse

Thérapeute spécialisé dans l'analyse des rêves, j'aide ceux qui le souhaitent, à retrouver l'estime d'eux-même, sortir de la dépression, ou encore vaincre une phobie ou des angoisses.

Les films parlent aussi de la perte de l’être cher.

Voici un exemple avec Tous les matins du monde, d’Alain Corneau

Il est des films extraordinaires qui nous marquent. Des films que nous ne comprenons pas forcément la première fois que nous les regardons mais qui nous attirent et qui nous marquent sans que nous puissions nous l’expliquer. C’est parfois en les regardant plusieurs fois qu’enfin nous en comprenons le sens profond. Tous les matins du monde d’Alain Corneau est l’un de ceux là. A première vue ce film parle de musique et l’histoire se déroule au 17ème siècle. On pourrait croire que tout est centré autour de la musique, car c’est Marin Marais, ancien élève de l’illustre joueur de viole, Sainte-Colombe, qui raconte quels ont été les rapports entre les deux hommes, entre admiration, défiance et incompréhension. Il y a un premier sens de lecture tout à fait linéaire qui n’est ni plus ni moins qu’un récit raconté à la première personne.

Le deuxième sens de lecture est plus secret. C’est comme une histoire parallèle qui se déroule en arrière plan mais qui donne toute sa profondeur à l’histoire. Il s’agit du rapport à la vie et à la mort. Comment ce musicien exceptionnel va-t-il finir par tout perdre à cause d’un chagrin intarissable ? Ce film nous questionne sur notre rapport au deuil ou comment reprendre le cour de sa vie après la perte d’un être cher.

Tous les Matins du mode, l’affiche

La mort est une étape du cycle de la vie

La mort est une étape du cycle de la vie et c’est d’ailleurs le sens du titre du film Tous les matins du monde. Chaque matin est nouveau, ce qui implique la mort du précédent. Le cycle des saisons, le rythme des anniversaires sont autant de marqueurs de ce qui n’est plus mais qui va devenir. La mort est souvent ressentie comme un événement brutal, car en quelque sorte elle vient rompre le cycle du temps. C’est un temps suspendu qui s’ensuit alors, le temps du deuil. Un temps où justement le temps n’a plus sa place. C’est comme si tout était resté figé au moment où la mort est venu frappé à la porte de l’être cher.

Le processus de deuil

Le film Tous les matins du monde illustre bien ce processus de deuil. Sainte-Colombe a établi des rituels. Jour après jour, c’est le même fonctionnement. Il va se réfugier dans la sorte de petite cabane qu’il s’est fait construire au fond du jardin et qui symbolise la bulle dans laquelle il se glisse. Elle lui permet en quelque sorte de s’extraire du monde et d’exprimer toute sa peine à travers la musique qu’il compose pour sa chère femme disparue.

Peu à peu il fait corps avec sa peine et au fur et mesure il se confond avec elle. Personne ne peu désormais le comprendre. C’est comme si il était le seul à comprendre, le seul à qui cette épreuve était arrivée. Et ce n’est pas Marin Marais, alors jeune homme de 17 ans et qui symbolise le renouveau, les potentiels possibles qui pourra le faire sortir de sa torpeur. Il entraînera dans sa mélancolie, sa fille aînée, incapable elle aussi de sortir de cette torpeur. Elle finira d’ailleurs par se suicider.

Ce film est une très belle illustration de ce qu’est le deuil, ce qu’il a de sensible, à la fois de pudeur, de retenue des émotions mais aussi de colère. Il montre les les accès de rage, de rejet de l’autre (incapable de comprendre) mais finalement d’acception de ce qui n’est plus et de retour vers la lumière de la vie.

Deuil et thérapie

D’un point de vue Jungien, on pourrait dire que la mort nous tire vers le domaine des ombres, ou plutôt de l’Ombre au sens général et qu’a travers ce voyage dont il est parfois très difficile de revenir, il est pleinement possible de rencontrer la lumière dans toute cette noirceur. La musique, la peinture, le chant peuvent être des outils précieux à expérimenter durant cette période du deuil, car souvent la lumière se cache au cœur des ténèbres. A nous d’aller l’y rechercher afin de nous en nourrir et nous permettre de revenir pleinement dans la vie.

Le risque d’un deuil qui n’est pas complètement achevé, est de faire comme Sainte-Collombe dans le film. Un temps suspendu trop longtemps aura d’autant plus de mal à reprendre son cour dans la vie, qui elle, ne s’arrête jamais. Il peut alors se créer une sorte de décalage qui provoque une difficulté à se réinsérer dans le monde des vivants. Certains ne sont alors plus ancrés et ont du mal à retrouver une vie épanouie. Le deuil devrait être considéré lui aussi, comme quelque chose qui va mourir, de façon à laisser place à la vie. Certes une vie différente de ce qui a été, mais une vie pleine de nouveaux potentiels.

Le Rêve Eveillé Libre et le deuil

Le Rêve Eveillé Libre permet d’expérimenter à son rythme toutes les étapes du deuil et permet de résoudre des situations qui parfois perduraient depuis beaucoup plus de 5 ans. L’avantage du Rêve Eveillé Libre est qu’il laisse la part belle à l’inconscient qui sait, lui, à quel rythme il faut aller. Le tout est de lui faire confiance et de laisser parler les rêves !

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