Nourrissant la symbolique des rêves et largement présent dans les contes et les légendes de nombreuses civilisations, depuis la Préhistoire, le grand cerf a toujours eu cette image d’insaisissabilité, et en même temps de force brute de la nature. Ses ramures qui tombent une fois par an pour mieux renaître une fois en font le symbole de la vie qui reprend ses droits, donnant cette image immuable de la nature qui renaît perpétuellement.

« La profusion de la sève qui les nourrit (les ramures) rejoint en lui la richesse de la semence, de sorte qu’il représente l’immémoriale vigueur fécondante, la puissance d’une inlassable sexualité. Son brame les met en scène d’une façon qui frappe l’imagination des hommes. Aussi a-t-on pris l’animal comme l’expression de la virilité, et par là de la puissance, puis de la suprématie.  » —  nous dit Pierre Moinot en préface à son Anthologie du cerf.

C’est vrai que pendant longtemps, l’image du cerf a été liée à la Royauté, comme si il n’y avait que les Rois qui pouvaient se nourrir de la force de l’animal chassé puis exposé comme trophée. Comme si en tuant le Roi de la forêt, s’était pour mieux se renforcer en tant que seigneur des Hommes.

Le Cerf et le Rêve

Sa présence dans la symbolique des rêves vient convoquer la part du masculin en nous et vient nous questionner plus généralement à notre image du Père et au complexe d’Œdipe le plus souvent associé. Les ramures tournées vers le ciel peuvent faire écho à un élan de spiritualité qu’il serait dommage de vouloir taire. D’ailleurs les amérindiens l’associent à l’Arbre de vie et plus généralement au soleil. Le pendant féminin du Cerf est la Biche.

Voici un extrait de rêve dans lequel apparaissent à la fois le Cerf et la Biche.

« Je sois une multitude d’animaux qui pénètrent dans une forêt très dense, très profonde, très noire. Ils suivent un chemin un peu comme celui du traîneau du Père-Noël, avec plein d’étoiles derrière. En fait ils volent à travers une sorte de traînée de poudre d’or qui scintille, qui éclaire une grande clairière. Il y a un grand cerf au milieu de la clairière, avec une sorte de biche à ses côtés. Ils me regardent avec leurs yeux ronds, une clairière un peu triste… »

Le roi de la forêt « semble ouvrir des voies nouvelles, initier de nouveaux états psychologiques, où il établit des relations entre des éléments séparés » nous dit Georges Romey dans son Dictionnaire de la Symbolique des Rêves. C’est aussi l’une de représentations les plus puissantes de l’Animus, énergie masculine par excellence.